VOYAGE 7

 

Ma chère et tendre Pauline,

Puteaux foisonne d'activités, d'idées novatrices, de commerces, d'industries. 
Le monde entier envie certaines de vos inventions.

Sachez saisir l'opportunité qui s'offre à vous tous !

Quant à vous, j'ose espérer que vous ne vous offusquerez pas, si je vous dis que votre sourire me fait chavirer.

 C'est non sans regrets que je dois pourtant vous abandonner quelques instants pour poursuivre mon voyage,
à la rencontre de ces gens merveilleux, de ces lieux bouillonants, qui,

j'en suis convaincu, rentreront dans l'Histoire, pour autant que certains à l'avenir veuillent bien s'en souvenir.

Le Marquis de Dion révolutionnera son domaine, j'en suis sûr. Vinot, Girardot, Voigt ou Richard également,
mais, je demeure fasciné par ces droles de machines volantes, dont les ateliers Antoinette,
rue des Bas Rogers ou Morane-Saulnier, rue Volta, font figures de précurseurs.

Quels sont donc ces fous volants qui voudraient nous transporter
à l'autre bout de la région dans leurs drôles d'engins ?

Ma chère et tendre, m'accompagnerez-vous dans mon prochain périple ? 
Me ferez-vous l'immense joie, dans un avenir proche, de venir visiter mon Pays ?

Rousseau en disait, qu'un jour, il étonnerait l'Europe...

Je vous embrasse,

Votre Dévoué.

 

 

Bien que l'on ait parfois l'impression de tout connaître sur l'une des plus prestigieuses
marques automobiles françaises, il n'existe que peu de littérature sur De Dion-Bouton,
ni sur l'histoire de ce constructeur que d'aucuns considèrent comme le plus important
du monde à la Belle Epoque.

 

Il résulte de la rencontre, en 1882, d'un aristocrate visionnaire et fortuné originaire
de Carquefou dans la région nantaise s'intéressant à la mécanique - certes en dilettante,
mais en connaisseur puisqu'à 15 ans il réalisa un modèle réduit - avec un habile artisan mécanicien
fabriquant avec son beau-frère à Paris des jouets fonctionnant à la vapeur.
Le bouillant Comte (devenant Marquis à la mort de son père en 1901 ) songea bientôt à un moteur à explosion
et devant l'hostilité de ses associés, vaporistes convaincus, il le fit réaliser à l'extérieur de ses ateliers.
Ce devait être le fameux moteur monocylindrique, universellement connu sous le générique de MONO.

Il devait révolutionner l'industrie automobile naissante et permettre
à la nouvelle société De Dion-Bouton de créer un empire industriel à Puteaux.

 

Un événement historique devait servir de déclic pour Albert de Dion
et décider de pratiquement toute sa vie future : le Paris-Rouen de 1894
que l'on présente comme la première course automobile du Monde.

Arrivé 1er, il devait être déclassé et son amertume le conduit à organiser un an plus tard
le mémorable Paris-Bordeaux et au retour et à créer l'Automobile Club de France.
Comme il venait d'y rencontrer le Baron de Zuylen, gendre fortuné des Rotschild, il le convainquit
de participer au capital de son entreprise en devenir et lui offrit la Présidence du nouvel ACF.

 

S'avérant un habile manoeuvrier, il devait par la suite s'intéresser à tout ce qui concernait le déplacement.

On lui doit ainsi les courses de capitale à capitale partant toutes de Paris (ou y arrivant)
- pour mieux exporter la technique française. Ce sera aussi la création du Salon de l'Auto,
celle de l'Aéro-club de France et des diverses Chambres syndicales du Cycle et l'Auto.
Il fonde bientôt le journal L'AUTO, lequel deviendra l'EQUIPE à la Libération
et qui avait organisé le Tour de France cycliste en 1903 (il devait recruter Henri Desgrange et Victor Goddet).

 

Le "Dieu Vivant" d'Ourga :

Il s'agit vraisemblablement du Jetsun Dampa Hutuktu ou Bogdo Gegen,
réincarnation du célèbre artiste et mystique Zanabazar (lui même émanation de Taranatha)
qui était un peu aux Mongols ce que le Dalaï Lama est aux Tibétains.
Interdit de réincarnation par le pouvoir communiste dans les années 20,
il s'est pourtant de nouveau "manifesté" et vit aujourd'hui à Dharamsala
ou il est connu sous le nom de" lama mongol".

 

 

SUITE DU VOYAGE............